Léopold Mourier, notre bienfaiteur
Etienne Léopold MOURIER (1862-1923)
Chevalier de la Légion d’honneur (1904)
Officier de la Légion d’honneur (1922)
Maître d’hôtel, Chef de cuisine, restaurateur
Président de la Société des Cuisiniers de Paris (1903)
Sa biographie
- Né le 30 mai 1862 à Montjoux (Drôme)
- Marié le 17 septembre 1892 à Neuilly sur Seine (Hauts de Seine), avec Adèle Louise TABARY (1874-1909)
- Veuf, remarié le 27 janvier 1921 à Neuilly sur Seine (Hauts de Seine), avec Marie DUSSUT (1881-1923/)
- Décédé le 17 mars 1923 à Neuilly sur Seine (Hauts de Seine), à l’âge de 60 ans
- Inhumé à Paris au cimetière du Père Lachaise
Ses parents, Jean-Etienne MOURIER et Ernestine TURC, tiennent l’auberge du Serre du Turc à Montjoux, il fut donc naturellement prédestiné à la cuisine.


Son apprentissage
À l’adolescence, il quitte le pays et entre en apprentissage chez les frères Campé, au buffet d’Avignon puis travaille chez son cousin M. Rivier, restaurateur à Grenoble.
À l’âge de 18 ans, exempté de service actif, il décide de monter à Paris.

Son ascension
Il débute comme aide de cuisine au restaurant Notta où il se familiarise rapidement avec les diverses parties de la cuisine et, déjà, il était considéré comme un ouvrier d’avenir lorsque, en 1883, il passa au restaurant Maire dont le propriétaire était M. Paillard.
En 1885, il devient Chef au restaurant Napolitain qu’il abandonne au bout de peu de temps pour le restaurant Paillard de la Chaussée-d’Antin.
En 1886, M. Paillard le place à la tête des cuisines du restaurant Maire dans le dixième arrondissement où il avait été aide puis chef saucier.
En 1887, à l’âge de 25 ans, il prend la direction du restaurant Maire, simple comptoir en zinc créé par un marchand de vin en 1860, qui devient un des restaurants les plus réputés de Paris.
Son apogée
Quelques années plus tard, il devient restaurateur propriétaire et enchaine les acquisitions d’établissements dont certains deviendront célèbres :
- Le restaurant Foyot en 1891,
- Le Café de Paris en haut de l’avenue de l’opéra,
- Le pavillon d’Armenonville en 1900,
- Le Pré Catalan en 1908,
- Le Fouquet’s en 1914.
Spécialiste reconnu des banquets, Léopold Mourier devient pendant cette période le cuisinier attitré des grands repas du Palais de l’Élysée.
Et en 1904, il devient le premier cuisinier à se voir décerné la croix de la Légion d’honneur par le gouvernement de la République.
Président de la Société mutualiste des Cuisiniers de Paris, devenue Les Cuisiniers de France
Il formera un duo d’exception avec Francis Carton, élu Directeur Général en 1912 et ensemble, ils réaliseront de vastes et beaux projets :
- Un bâtiment de 6 étages sera acheté dans le quartier de l’Opéra au 45, rue Saint-Roch à Paris 1er qui deviendra le siège social de la « Maison des cuisiniers ».
- Une caisse de secours est créée en 1913 ainsi qu’un dispensaire gratuit.
- Une maison familiale pour les orphelins de guerre et les retraités est créée en 1917 à Corneilles en Parisis où Léopold Mourier met à disposition de l’association une propriété avec 4 hectares de terrain. Elle sera inaugurée en 1919 en présence des Présidents Emile Loubet et Raymond Poincaré.
Sans enfant, il fait de la Société des Cuisiniers de France son légataire universelle.
Maire de Montjoux
Il s’investira aussi dans la sa région natale, la Drôme : maire de Montjoux dès 1904, il subventionne de nombreuses œuvres de bienfaisance et contribue largement à l’expansion de la commune.
Pour son deuxième mandat, il est réélu à la quasi unanimité des voix : 74 sur 75 votants !
Il contribue largement au développement de la voirie de la commune, souvent malmenée par les crues du Lez.
Ainsi, le 17 novembre 1912, on inaugure la route et le pont métallique sur le Lez
En 1913, on établit une passerelle au quartier des Ravoux pour relier les deux rives.
La même année, on élargit la principale rue de La Paillette et Léopold Mourier achète personnellement à l’intersection des routes de Dieulefit et de Vesc un terrain qu’il destine à la création d’une place.
Dès 1913, il obtient une deuxième distribution hebdomadaire de La Poste ; le téléphone fonctionne à partir du 1er mai 1914 ; c’est encore lui qui finance la plaque commémorative en marbre en l’honneur des enfants de Montjoux morts à la guerre.
Son Décès
À l’âge de 60 ans, le 17 mars 1923 Léopold Mourier s’éteint prématurément au Pavillon d’Armenonville.
3 000 personnes suivront le cortège de ses obsèques émouvantes à travers Paris.
A droite, la tombe de Léopold Mourier
au cimetière du Père Lachaise à Paris
Ses généreux legs
Sans enfant, Léopold Mourier lègue une grosse partie de sa fortune à la Mutuelle des Cuisiniers de France. Il dote également tout son personnel : maîtres d’hôtel, chefs de cuisine et de cave, caissières et employés.
La commune de Montjoux hérite du terrain situé à La Paillette dénommé Place Léopold Mourier et reçoit en espèces une somme de 300 000 francs à placer, afin que les intérêts reçus diminuent les impôts pour les habitants du village.
Il lègue à la ville de Dieulefit la pleine propriété de ses carrières d’argile « afin d’assurer de façon constante et économique aux potiers de cette commune et des environs la matière nécessaire à leur fabrication ». Il donne une somme de 250 000 francs en espèces à l’hôpital de Dieulefit, « à condition que ladite commune réserve toujours dans ses hospices deux lits pour les malades de Montjoux ».
Ecouter ci-dessous l’histoire Leopold Mourier, cuisinier philanthrope (source site Radiola media)
▷ Consultez ci-dessous le livret d’édition spéciale d’avril 1923 (PDF)